Prendre le temps

Si un jour j’arrête d’expliquer à mes patients ce qui va leur arriver, il faudra que j’arrête la médecine.

Parce qu’avec nos blouses blanches sur les épaules, on sait ce qu’il y a derrière un ASP, un ECG, un EEG, des EFR, une ETT, une FOGD, des GDS, une IRM, usw.

Ce n’est pas le cas pour les patients. Nous savons qu’un ECG ne fait pas mal / ça veut dire électrocardiogramme / ça enregistre l’activité du cœur via des électrodes autocollantes / il y a 10 autocollants, un sur chaque poignet, un sur chaque cheville et 6 sur la poitrine / vous ne sentirez rien / il faut que vous restiez bien immobile en respirant normalement pendant l’enregistrement / ça dure 5 secondes et c’est fini.

Pour nous c’est évident, pour eux non. Pour eux c’est une machine à laquelle sont reliés tout plein de câbles électriques et qui émet des bips bizarres plus ou moins inquiétants.

Et c’est valable pour tous les examens que l’on juge « simples » pour nous.

Certes, expliquer prend un peu de temps. Mais il me paraît difficile de soigner les gens, sans donner de son temps. C’est un peu mon cheval de bataille.

Ne jamais oublier d’expliquer, répéter, reformuler. Toujours communiquer.

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