Gravés dans ma mémoire

Certains instants resteront gravés dans mon petit cerveau.

En début de 2ème année, mon stage infirmier, dans une Unité de Soins Longue Durée – un monde un peu à part où des gens n’ayant plus toutes leurs forces, ou plus toute leur tête, ou les deux, vivent la fin de leur vie. C’est là que j’ai rencontré « ma » toute première patiente. Elle m’appelait « mon p’tit » et pendant que je l’aidais à faire sa toilette le matin, elle me racontait les histoires de ses (nombreux) arrières-petits-enfants dont les photos étaient accrochées un peu partout dans sa chambre. A 94 ans, il ne lui restait plus grand chose que la peau sur les os et pas beaucoup de cheveux sur la tête, mais elle aimait prendre soin d’elle et il ne fallait pas oublier de mettre un peu de parfum chaque matin. Merci Madame F. de me rappeler tous les jours depuis « là-haut », qu’avant de s’occuper de maladies, on s’occupe avant tout d’humains.

Une nuit d’été, en garde de chirurgie orthopédique après une série d’interventions un peu fatigantes, sortir devant l’hôpital quelques minutes pour respirer un peu d’air frais avec l’interne, au moment où des lanternes volantes passent dans le ciel au-dessus nos têtes. Instant magique.

Pendant mon stage en médecine générale, en visite dans une maison de retraite, une mamie atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade assez avancé chantait à longueur de journée. Et elle chantait divinement bien.

Aux urgences gynécologiques, la première fois que j’ai annoncé à une patiente que le petit battement que l’on voyait ensemble sur l’écran de l’échographe, était le cœur de son bébé, et qu’il allait bien. Et les larmes de joie qui ont suivi.

Toujours en gynécologie, mais en salle de naissance cette fois. Une maman très angoissée, car Bébé étant très pressé de sortir de son ventre, elle allait devoir accoucher sans l’anesthésie péridurale qu’elle aurait tant voulue. C’était le premier accouchement sans péridurale auquel j’assistais. Le papa d’un côté de la maman, moi de l’autre, sa main serrant la mienne pendant les longues 25 minutes où elle a poussé avec toutes les forces de la galaxie et l’aide de la sage-femme pour mettre au monde le petit Jules. Moment privilégié. En toute non-objectivité, c’était le plus beau bébé de l’univers et les parents les plus heureux de la Terre.

… Et plein d’autres souvenirs et sourires. Parce que c’est aussi ça, les études de médecine. Même si tout n’est pas toujours rose.

To be continued.

DocMinus

(Image trouvée sur internet)

Ce(ux) qui compte(nt)

L’idée de créer ce blog est venue au fil de mes lectures (si vous avez du temps, jetez un coup d’œil à l’onglet « Ceux que je lis »)… 

Par besoin de partager ce que je vis.

Par envie de partager ces tranches de vie.

Même si je n’ai pas la plume d’un écrivain.

J’étais partie pour raconter mes études de médecine de A à Z. Et puis, non en fait. Tout le monde sait qu’il y a la PACES, puis la P2, la D1, l’externat, etc. Ce n’est pas ça qui compte.

Ce qui compte pour moi, ce sont les rencontres, les émotions, l’humanité, le partage… J’ai envie de partager ce qui me rend heureuse de me lever chaque matin. Tout ce qui rend ce métier si passionnant.

PS : si vous avez d’autres suggestions de lectures sympa, je suis preneuse.